Quitter mon fiancé non-chrétien ?

Prendre la décision de ne pas se marier avec la personne dont on est amoureux et de qui on est aimé, parce qu’on désire plus que tout obéir à Dieu… Quel déchirement ! Il me semble que l’on doit le ressentir jusque dans sa chair, comme Abraham appelé à sacrifier Isaac.
Et où trouver la force d’infliger à l’autre une rupture sentimentale au motif qu’il n’est pas encore sauvé ?


Il faut tant de courage pour renoncer à un amour par obéissance à Dieu ! Il faut croire si fort que Dieu veut notre bien par-dessus tout ! Cette décision témoigne d’une telle foi que j’aimerais, ne serait-ce qu’une seule fois dans ma vie, croiser la route d’une personne qui aura su la prendre.

En écrivant ces lignes, je réalise que c’est le cas.

Il était amoureux, on ne pouvait en douter. Il m’admirait. Il était chrétien de cœur et moi de culture. Je voulais être sa femme, pour toujours, fonder avec lui une famille et vieillir à ses côtés. Je l’aurais bien aimé. C’était mon premier amour. Il a mis un terme à notre relation en me disant que si c’était la volonté de Dieu de nous réunir, celui-ci le ferait. Il n’y avait pas d’argument opposable à sa décision qui nous a fait souffrir tous les deux. J’ai pleuré longtemps. Puis j’ai attendu que son Dieu nous réunisse.
Des années plus tard, j’ai appris qu’il s’était marié. Alors seulement j’ai cessé d’espérer.
Je ne lui en ai jamais voulu, peut-être parce que je savais au fond de moi-même que rien ne pouvait se placer au-dessus de ce qui l’avait conduit à sa décision. Certains diront que j’ai été abandonnée lâchement. Ce n’est absolument pas ainsi que j’ai vécu cette séparation. Mon cœur a douloureusement saigné mais sans reproche. Je ne me souviens pas avoir été en colère. J’ai juste souffert affreusement et espéré.
Aujourd’hui, j’admire le courage de ce jeune homme. Je sais qu’il a gardé la foi. Toutes choses travaillent ensemble à notre bien ; nous voudrions qu’elles travaillent à notre plaisir. Mais je reconnais avec le recul des années que cette décision conforme à la volonté de Dieu a été bénéfique pour chacun de nous. Et comment pourrait-il en être autrement ? Dieu n’abandonne pas ceux qui le rejettent : abandonnerait-il ceux qui font sa volonté ? Peut-être cet homme a-t-il dû lutter contre l’idée qu’il m’avait abandonnée. La vérité est que sa décision m’a préservée d’un mauvais projet et que, peu de temps après que j’y ai moi-même renoncé, Dieu m’a sauvée, me faisant ainsi entrer au temps convenable dans le plan merveilleux qu’il avait pour moi. Par l’obéissance de ce jeune homme, j’ai été bénie.

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père qui est plein de bonté, le Dieu qui réconforte dans toutes les situations. » (2 Corinthiens 1:3)

Dieu sait donner une conviction personnelle d’arrêter une relation avant le mariage. Il sait parfaitement ce qu’il nous en coûte de renoncer à un amour pour lui obéir. Il sait aussi comment nous réconforter (rien ne garantit que ce soit par un mariage).
Il s’occupe de l’autre : nous ne l’avons pas abandonné ; en obéissant à Dieu, nous le lui avons confié. Dieu s’occupe des conséquences des choix qu’il nous demande.

Que ceux que Dieu a convaincus de renoncer à un amour naissant, reçoivent une sainte consolation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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