18 décembre 2014 - 4) Il est mauvais    5 commentaires

Noël vertigineux

En décembre, dans le froid et l’obscurité, toutes les détresses se font plus criantes. C’est ainsi que l’on organise des téléthons, des collectes alimentaires, des chorales dans les maisons de retraite et tout ceci vaut la peine.
Dans le même temps, à l’approche de Noël, des fortunes sont dépensées dans les centres commerciaux pour des tenues époustouflantes, des mets exceptionnels, des gadgets forcément exotiques parce qu’on a déjà tout.
Et puis le 24 : repli sur la famille. Huis clos.

Je m’enferme dans un foyer au sein duquel il me faudra, comme chaque année, masquer ma joie de connaître mon Sauveur, de célébrer sa venue sur la terre. Pour moi, le seul cadeau valable, c’est le salut gratuit en Jésus-Christ, et personne autour de moi ne semble en vouloir.

La France est une championne en matière de jours fériés. Mais qui sait pourquoi l’on se repose le jeudi de l’Ascension ou le lundi de Pentecôte ? A Pâques, on guette le « passage » des cloches, on collecte des œufs, on améliore l’ordinaire du repas dominical. Pour l’Epiphanie, parité hommes/femmes oblige, la Maison des Associations de Paris m’a un jour invitée à partager la galette des reines et des rois… C’est triste mais pour ces différentes fêtes, l’effervescence mondaine est somme toute limitée. Pour moi, célébrer ces fêtes chrétiennes en fille de Dieu, c’est un peu comme sortir de la mer et me mettre un instant au sec sur un îlot. Mais à Noël, les différences de valeurs sont exacerbées. Avec des motivations différentes, tout le monde s’agite et les écarts se creusent. Célébrer Noël en vérité, c’est monter sur un îlot alors qu’autour de soi, le niveau de la mer descend vertigineusement. La distance entre mon mari et moi devient colossale.

Une année, je sentais si fortement monter mon angoisse à l’approche de Noël que j’ai envoyé un SOS à quelques responsables spirituels de ma connaissance, au nom de mes sœurs isolées.
« S’il y a dans votre église des conjoints d’incroyants, je vous invite à leur manifester doublement votre fraternité pour Noël, non pour compatir à leurs difficultés mais pour leur souhaiter un joyeux Noël en vérité, qu’ils trouvent dans leur isolement un écho à leur joie au milieu des aberrations mondaines du moment. »
L’un d’eux a perçu ma détresse personnelle et y a répondu. Ca m’a fait un bien immense. Sans vouloir aucunement comparer mes légères afflictions aux souffrances de Christ, je suis toujours émue de voir à quel point la présence d’un seul ange a pu lui redonner quelque force à Gethsémané (Luc 22:43). Au lieu de me préparer à faire mauvaise figure à mon Seigneur le jour où est célébré son anniversaire, j’ai alors cherché ce que je pouvais faire pour le remettre à la première place dans ces foyers où il n’est pas honoré de tous. Plutôt que de compter sur les responsables d’églises, j’ai contacté moi-même les femmes d’incroyants que je connaissais, et nous nous sommes réjouies ensemble. Toutes m’ont dit que ça leur avait fait du bien.

Laisseriez-vous seule, un soir de Noël, une veuve de votre église ? Probablement pas. Alors je vous pose une autre question.
Etes-vous prêt à considérer l’isolement d’une sœur en Christ dont les proches sont incroyants ?
Croyez-moi, lui donner l’occasion d’exprimer ce soir-là cet écartèlement entre joie du Seigneur et tristesse du monde, c’est lui permettre de revenir à une juste estimation des circonstances pour profiter des relations d’amour qu’elle a avec ses proches.

Il suffit d’un ange.

4-13

 

5 commentaires

  • Je suis toujours émue par votre cœur orienté vers les autres et votre force qui reflètent Jésus Christ.
    Joyeux Noël à vous aussi, et je prie que vous trouverez toujours la paix et la joie dont vous avez besoin en notre Père. Soyez bénie.

  • Je veux avoir un courage comme vous. Je suis contente pour vous. Que l’éternel te garde et te bénisse.

    • Moi aussi je vous trouve courageuse. L’environnement dans lequel vous vivez est bien plus difficile que le mien. Votre foi et votre désir de servir le Seigneur m’encouragent beaucoup. A bientôt, Emilie.

  • Bonjour Mesdames,
    Je suis entrée dans l’année 2016 avec ce passage de 2 chroniques 14 :1-6. Ca fait toujours bizarre de voir que nous ne sommes pas seules. Je bénis le Seigneur car pour ma part cette année j’ai surmonté mon angoisse en la partageant avec mon époux. Je lui ai clairement dit qu’il était hors de question pour moi de me retrouver avec des personnes ne partageant pas ma foi. Le réveillon d’année en année devenant pénible surtout que pour des raisons financières nous n’avions pas pris de cadeaux I à nos enfants; j’insiste toujours pour rester dans le symbolisme car je ne veux pas qu’ils aient l’amour de l’argent même si à cause de leur environnement ce n’est pas gagné.
    Du coup, j’ai fait un appel à ceux qui sont seuls. Nous avons réveillonné en famille et le 25 nous étions avec des frères et soeurs dans l’assemblée. Nous avions loué une salle partageant les frais de la location. Chacun devait emmener ce qu’il avait prévu préparer. Chaque chrétien devait proposer aux membres de sa famille inconvertis de se joindre à nous et je vous assure que Dieu a été bon.
    Les frères et soeurs dans le Seigneur, alors qu’au début c’était difficile, ont assuré le transport des célibataires et des piétons. C’était en zone industrielle, certains nouveaux baptisés sont venus avec des proches à eux. Tout le monde voulait éviter le malaise qu’il y a dans les maisons à cause de la signification réelle et l’origine de ces fêtes et ce qu’on en a fait.
    Nous avons passé un très bon après midi, des témoignages encourageants nous ont été remontés. Des personnes sont allées voir ma fille pour lui dire « tu diras merci beaucoup à ta mère, c’est l’un des plus beaux noel depuis que je suis ici ».
    Dieu avait mis ce projet dans mon coeur : PARTAGER. Nous étions fauchés mon mari était d’abord froid. Mais le Seigneur avait mis sur mon coeur ce passage qui dit  » on vous reconnaitra à l’Amour que vous avez les uns pour les autres ». Qui peut rester insensible à l’amour, à l’entraide ? Il y avait autant de chrétiens que d’inconvertis. De mon côté, ma fille d’habitude si lente à réagir m’a surprise par sa spontanéité au service!
    Je vous assure que je vous comprends tellement mais au moment de bénir le repas je me suis mise à chanter « Rédempteur du Monde, Jésus Christ Fils de Dieu; Ta Joie et Ta Paix m’inondent, Toi l’Agneau venu des Cieux… »
    Dieu m’a tellement donné! Ce 25 décembre 2015, j’ai laissé le Saint Esprit me conduire et voir des sourires; des personnes que je n’avais pas revues depuis 2 ans a été ma récompense. Gloire à Dieu et désolée d’avoir été si longue.

    • Chère Olivia, c’est magnifique ! Merci pour ce témoignage. Grâce à vous, avec l’aide du Saint Esprit, de nombreuses personnes se sont rapprochées de Dieu en ce Noël 2015. Merci pour elles. Soyez bénie. Que le souvenir de cette rencontre et toutes ses retombées vous portent et vous encouragent tout au long de l’année.

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