Je prie pour sa conversion

J’ai souvent reçu d’insistantes exhortations à prier sans relâche pour la conversion de mon mari. Sachant que Dieu ne contraint personne à accepter son pardon, j’avais pris l’habitude de lui demander qu’il multiplie les sollicitations, en mettant sur le chemin de mon mari des personnes qui lui apporteraient l’Evangile ou en le mettant en situation de réfléchir (mais pas trop fortes, les épreuves, s’il te plait Seigneur…). Bref, je donnais à Dieu le mode d’emploi… C’était insensé.

Devais-je faire mienne cette sentence de Jacques (4:3) : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » ?

Bien sûr, comme de nombreuses épouses confrontées à l’hostilité de leur mari incrédule, j’ai beaucoup prié pour qu’il se convertisse… afin d’avoir la paix ! Fatiguée qu’il me mette des bâtons dans les roues, qu’il m’empêche de servir Dieu, qu’il me freine dans ma vie de foi, j’exprimais ainsi mes besoins à Dieu, mais ce type de prière était complètement centré sur moi.

J’ai donc fait l’effort de considérer le bien de mon mari. J’ai prié pour qu’il soit sauvé afin de passer l’éternité dans la présence de Dieu. Cette prière, quoique centrée sur mon mari et non plus sur moi, me paraissait pourtant un peu… bête : Dieu ne veut-il pas que tous les hommes soient sauvés (1 Timothée 2:4) et mon mari en particulier ? Alors à quoi bon répéter sans cesse à Dieu que ça ferait du bien à mon mari de le sauver ? N’est-il pas le premier convaincu ?
Il est vrai que, dans la parabole du juge inique (Luc 18 :1-8), Jésus nous montre qu’il faut toujours prier, sans se relâcher. Mais il est ici question de faire justice à une veuve de sa partie adverse. Or, mon mari n’est pas ma partie adverse, et je ne prie pas pour que sa conversion me fasse justice. On peut demander avec insistance que Dieu réponde à une de nos attentes (ce sera oui ou non) mais Dieu ne sauvera personne de force, même si un tiers le demande instamment.

J’ai alors trouvé un argument plus… subtil, une prière centrée sur les autres : « Seigneur, convertis-le au plus tôt afin qu’il mette ses capacités, ce qui lui reste de temps et de santé, au service des autres pour leur faire du bien. » Mais là encore c’était comme dicter à Dieu sa conduite : que sais-je moi de ce que Dieu va demander à mon mari quand il sera devenu son enfant ? Dieu peut bien se glorifier dans la faiblesse d’un homme, dans la maladie, dans la vieillesse.

Petit à petit, j’ai ainsi été amenée à penser que le seul digne bénéficiaire de la conversion de mon mari ne serait ni moi, ni lui, ni les autres, mais le Seigneur Jésus lui-même. Ne nous est-il pas demandé de hâter son retour (2 Pierre 3:12) ? « Père, j’ai hâte de voir le Seigneur Jésus régner dans sa gloire. J’ai hâte que sa gloire soit manifeste aux yeux de tous, que tous reconnaissent sa grandeur et l’admirent.  Je te demande d’attirer plus fort à toi mon mari, afin qu’il vienne à Christ, que lui aussi désire son retour et que puisse éclater plus tôt la gloire de ton Fils bien-aimé. »

Quant à ma part pour hâter la conversion de mon mari, elle est de mener la vie que Dieu veut que je vive, afin de ne pas entraver la progression de mon mari.

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