Il m’empêche d’aller à l’église

S’il est une chose que j’ai comprise dès ma conversion, c’est la nécessité de rejoindre une église et d’aller au culte le dimanche matin. L’église est un lieu de bénédiction, où l’on grandit et où l’on sert, où l’on rencontre Dieu et sa famille : « vous serez ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui appartiennent à Dieu, combien l’amour du Christ est large, long, élevé et profond. » (Ephésiens 3:18)

Du jour au lendemain, mon mari a été contraint de se passer de sa femme et de faire du baby-sitting tous les dimanches matins. Je partais rejoindre d’autres personnes pour adorer quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Il n’avait pas signé pour ça. Sans doute aurait-il été plus conciliant si j’étais devenue accro au golf ou au vélo en forêt.

Une année, j’ai accédé à sa requête devenue trop pressante. J’ai arrêté d’aller au culte pour apaiser des conflits incessants. Au bout de six mois, le bilan était strictement négatif. Les conflits avec mon mari n’avaient pas cessé, j’étais vidée, desséchée, je me sentais coupable d’avoir laissé ma relation avec Dieu s’étioler, j’avais honte d’avance de me représenter à l’église. Je me suis mise en peine de bâtir un projet pour ne pas revenir les mains vides à l’église. Quand j’y suis retournée, personne n’a voulu de mon projet mais l’affection qu’on m’a témoignée, la joie de mon retour sans avoir à justifier mon absence, ont immédiatement reconstitué mes réserves affectives et mon désir d’être en communion avec ma famille spirituelle une fois par semaine. Notre Père était heureux de voir revenir son enfant.

Même lorsqu’ils prétendent être d’accord avec l’idée du culte, certains maris cherchent à retenir leur femme chrétienne à la maison le dimanche matin. Aux dires de celles que j’ai interrogées, les stratégies des maris sont variées : besoin d’un long (très long) câlin, questions « urgentes » et complexes (critères de choix de la prochaine voiture, détail du remboursement de dépenses de santé, réorientation professionnelle…), voiture soit disant indisponible (la carte GPS est en train d’être mise à jour), les enfants alignés devant la porte qui tiennent dans leurs petites mains un cadeau pour maman alors que celle-ci enfile ses chaussures… Evaluer dans l’urgence quelle réponse apporter, chaque dimanche, pour s’extraire du foyer et arriver à l’heure à l’église (c’est préférable quand on fait partie du groupe de louange).

C’est l’école de la diplomatie.

Celle aussi de la motivation. On y apprend à définir ce qui est important pour soi, à choisir en responsable, chaque semaine, qui l’on veut suivre, à anticiper pour rendre possible cette escapade essentielle, à lâcher prise quand l’enjeu est la paix du foyer, à trouver d’autres moyens de se nourrir spirituellement et de se sentir en communion.

Tout ce qui a de la valeur coûte. Avoir à se battre un peu fortifie. Et grâce à cette petite victoire du dimanche matin, je savoure à sa juste valeur la liberté de culte qu’offre encore mon pays.

« Mais moi, par ta grande bonté, je vais à ta maison, je me prosterne dans ton saint temple avec la crainte qui t’est due. » (Psaumes 5:8)

 

3.6) Aller à l'église

 

3 commentaires

  • Bonjour à toutes mes soeurs en Christ.
    Il est bon de lire tous ces témoignages. Merci Isabelle de pouvoir utiliser ton blog.
    Pour ma part, au moment où j’ai trouvé le Seigneur, mon mari ne s’attendait certainement pas à un tel chamboulement. Il a tout d’abord pensé que je faisais une crise existentielle mais il a compris que c’était devenu très important pour moi.
    Pour moi aussi, aller faire du sport serait mieux passé, mais non, le fait d’aller tous les dimanches au culte devenait un enjeu beaucoup plus important, ce Dieu dont je lui ai soudain parlé lui faisait peur. Les conflits ont été de plus en plus fréquents, j ai même un jour regretté de connaître Dieu. Mais non c’était devenu impossible : devenir son enfant est irréversible.
    J’ai passé un temps à faire semblant de minimiser mon amour pour Dieu mais c’était un leurre bien inutile qui n’a pas calmé la situation. Le calme à commencé à s’installer quand j’ai cessé de mentir à mon mari et surtout à moi-même, j’avais besoin de me rendre à l’église avec tous mes frères et sœurs. L’amour pour Dieu m’a rendue plus sereine. Mon mari vient souvent maintenant à des repas, tout le monde le respecte. Il ne connaît toujours pas le Seigneur, je le remets tous les jours dans mes prières mais j’ai confiance.
    Mes sœurs, ne cessez pas d’aimer le Père, son amour un jour touchera vos époux, ayez de la patience et le Père vous bénira.
    Bien à vous toutes.
    P

  • C’est bien difficile de supporter cette oppression surtout venant de la personne avec laquelle nous vivons au quotidien. Personnellement je me sens comme prisonnière de mon mari et je fournis beaucoup d’effort avec l’aide du Seigneur pour continuer à l’aimer. Ça fait pratiquement 3 ans que je ne sais plus me rendre au culte le dimanche par obéissance (peur) car il avait menacé de divorcer si je m’entête. Je commence à en avoir marre et je manque la paix. J’ai besoin d’aller au culte le dimanche, que faire ? Je prie pour ce sujet depuis 2014 et toujours pas de solution. Mes enfants aussi en souffrent. Parfois je me dis faudra-t-il que j’abandonne et que je retourne dans mon ancienne religion où j’étais loin de Dieu et que je vivais dans le péché continuellement mais en paix avec lui ainsi que tous les amis. Que le Seigneur me vienne à l’aide !!!!

    Rachel

    • Bonjour Rachel,
      Je suis bien triste de voir dans quelles difficultés vous êtes, et depuis si longtemps. Je vais vous répondre plus longuement par mail.
      Etre chrétienne, ce n’est pas être dans une religion, c’est être dans une relation avec le Seigneur Jésus. Rien ne peut vous empêcher d’être en relation avec Jésus qui vit en vous. Il a promis d’être avec vous chaque jour, quelles que soient les circonstances.
      Etre chrétienne, c’est être enfant de Dieu, adoptée irrévocablement par le Père. Rien ne pourra vous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 8:38-39)
      Etre chrétienne, c’est être régénérée, vivifiée pour la vie éternelle par le Saint Esprit qui habite en vous, vous guide, vous console.
      Rien ni personne ne peut empêcher cela.
      J’invite tous ceux qui lisent ces mots à prier immédiatement pour vous. Et c’est ce que je fais moi aussi.
      Soyez bénie.
      Isabelle

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