Dieu a promis au geôlier

« Ne t’inquiète pas ! Dieu sauvera ton mari à coup sûr, il l’a promis au geôlier : crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta famille ! »

Je ne sais combien de personnes bien intentionnées ont brandi sous mon nez ce verset d’Actes 16:31 en réponse à mes signaux de détresse. Dès la première fois, cela m’a mise mal à l’aise. Non pas que ce verset m’ait culpabilisée (est-ce que je crois assez pour sauver ma famille ?) mais comment prêter foi à une chose pareille quand on voit toutes ces familles où certains suivent le Seigneur Jésus et d’autres non ? S’il suffisait d’un chrétien quelque part pour que toute sa famille soit sauvée, il n’y aurait plus de perdu sur terre. On dit que nous avons tous un roi de France comme ancêtre : on doit bien avoir aussi un chrétien ! Dans ce cas, le salut ne serait plus affaire individuelle. Ce n’est pourtant pas ainsi qu’est présentée la grâce dans la Parole de Dieu.

J’ai donc rangé ce verset dans ce que certains appellent les paroles de connaissance. Tout comme Jésus sait en voyant approcher Nathanaël qu’il n’y a pas en lui d’hypocrisie (Jean 1:47), Paul et Silas savent, par le moyen d’une révélation divine, que le geôlier et sa famille sont prêts à accueillir l’évangile. Cet épisode n’a rien d’universel et ma foi ne sauvera ni mon mari, ni mes enfants.

Pourtant, en y réfléchissant davantage, je finis par me trouver un point commun avec le geôlier : nul n’est croyant parmi nos proches. Nous sommes les premiers à être touchés par la grâce dans nos foyers. Nous n’avons pas bénéficié de l’exemple de nos parents. Nous ne comptons aucun enfant de Dieu parmi nos amis. Nous sommes isolés au milieu des ténèbres et c’est par nous que la lumière arrive dans nos foyers. Alors pourquoi ne pas croire en une bénédiction particulière pour nos conjoints et nos enfants ? Cette bénédiction existe : « Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme (…) ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. » (1 Corinthiens 7:14) La pureté et la sainteté du croyant vont se répercuter sur sa famille, mais « sanctifié » ne signifie pas « sauvé ». Les enfants grandissent dans une maison où habite un représentant de Dieu. Ils sont mis à part avec Dieu du fait de cette bénédiction mais seule leur foi personnelle peut les sauver.

Il y a aussi une chose qui nous distingue fondamentalement, le geôlier et moi. Lui est un homme. Il a donc la responsabilité spirituelle de son foyer. Peut-être cela lui confère-t-il une influence à laquelle je ne peux prétendre chez moi… Quand je vois l’ascendant favorable des mères des rois fidèles à Dieu dans l’ancien testament, je comprends que j’ai à soigner ce que j’enseigne à mes enfants, mais je ne peux conduire mon mari de la même façon. 1 Corinthiens 7:16 : « Car toi, femme, tu amèneras peut-être ton mari au salut mais en fait qu’en sais-tu ? »

A force de tourner ce verset dans tous les sens, j’ai fini par entendre qu’il ne servait à rien de chercher à savoir qui serait sauvé, qui ne le serait pas. Paul nous dit d’ailleurs en 1 Corinthiens 4:5 : « Ne jugez donc pas avant le temps. Attendez que le Seigneur revienne. Il mettra en lumière tout ce qui est caché dans les ténèbres et il dévoilera les intentions véritables qui animent les cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. » Je n’ai pas à essayer de prévoir si mon mari sera sauvé ou non. Je dois concentrer mes forces sur ce qui relève de ma responsabilité : apporter avec amour à mes proches la lumière, par laquelle j’espère ardemment les voir un jour confesser le Seigneur Jésus, et se mettre à œuvrer avec lui. Pour le reste, je sais que Dieu sera juste.

 

2 commentaires

  • Oui ! merci ! J’ai mis longtemps à comprendre le sens de 1 Corinthiens 7v14. Et je me demandais : « Ça veut dire quoi, que le conjoint est sanctifié ? que les enfants sont saints ? » On me disait parfois : « Tes enfants sont sauvés ». Mais quelque chose me gênait dans cette affirmation d’un salut quasi « automatique ». Je comprends aujourd’hui que « être saint » c’est être en relation avec le Dieu saint, et se tenir dans sa lumière. A la conversion et grâce à la présence du Saint-Esprit, tous les croyants ont été sanctifiés, sont saints. Par cette relation avec Dieu, ils apportent dans leur famille la lumière divine. Bienfaisante et sanctifiante pour le conjoint et les enfants qui ne sont pas encore croyants. Encourageons-nous donc à manifester cette lumière dans nos familles. Même si c’est parfois difficile ou compliqué.

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